MEDICALYTICS ou comment tirer parti de ses données

 
Ce jeudi 21 avril 2016, hôtel AQUATIS à Lausanne, s’est tenue la première de MEDICALYTICS. Un peu moins de 60 personnes ont pris part à l’évènement, en vaste majorité des spécialistes de la santé, notamment dans les domaines du controlling de gestion et de l’IT. Durant toute une matinée, les différents orateurs ont pu, chacun à leur manière, sensibiliser l’auditoire aux problématiques de la donnée dans le monde de la santé.

 

Hôpitaux, données & tableau de bord

Dans ce cadre, CALYPS et PAIANET ont effectué une étude sur l’utilisation des tableaux de bord dans les hôpitaux de suisse Romande. Cette étude fait suite à un constat partagé: dans plusieurs établissements, les tableaux de bord fournis aux professionnels de la santé sont d’une utilité toute relative. Force est de constater que si les feuilles XL se multiplient, la compréhension respective des personnes en charge des finances et des personnes responsables de la santé n’est pas pour autant alignée. Est-ce une anomalie locale ou d’autres établissements souffrent-ils des mêmes maux ?

Pour mieux cerner la situation et comprendre les éventuels points de blocage, l’étude a collecté auprès d’un panel représentatif de 19 responsables (issus de tous les hôpitaux) de multiples éléments de réponses. Ainsi elle a notamment montré que les hôpitaux suisses romands n’arrivent pas encore à assurer un dialogue réellement constructif entre la finance et le corps médical, ce qui a un impact majeur sur leur efficience opérationnelle. En se focalisant sur des indicateurs trop abstraits et en produisant une multitude de chiffres parfois considérés comme inutiles par les utilisateurs, les tableaux de bord sensés coordonner tous les acteurs d’un établissement et permettre à ces derniers d’agir en fonction, sont simplement « mis de côté ». Chacun s’appuie donc sur ses propres indicateurs et tente, à son niveau, de faire pour le mieux.

Or, avec l’introduction des DRG, l’arrivée du DPI et la pression toujours plus accrue du coût de la santé, le besoin en données statistiques précises ou en indicateurs opérationnels « actionnable » (c’est-à-dire qui permettent de décider la prochaine action et d’en mesurer les impacts) va aller en s’accroissant. Par ailleurs, la digitalisation inéluctable de la société influence directement les établissements de santé: ceux-ci doivent s’y adapter et s’organiser pour pouvoir intégrer sans difficulté les nouvelles données, et tout ce qu’elles engendrent.

A plus ou moins court terme, si on ne veut pas que le médecin passe plus de temps à répondre à des questions administratives et/ou statistiques qu’à pratiquer son art, il est impératif de revoir le modèle d’organisation. Trois axes devraient être privilégiés:

  • MÉTIER : en s’appuyant sur des CASE MANAGERS à même de fluidifier le parcours du patient de sa prise en charge à sa sortie, le médecin est à même de se consacrer pleinement aux actes de médecine, l’information est plus rapidement disponible pour le codage et la facture est payée plus rapidement
  • ANALYTIQUE : en fournissant des tableaux de bord plus adaptés aux personnes opérationnelles (principe des 3 tiers: 1 tiers des indicateurs concernent l’établissement, un tiers concernent le service, un tiers directement en lien l’activité) et en remontant des informations réconciliées au management, on arrive à uniformiser la compréhension mutuelle de la situation, on permet à chaque acteur de se situer dans la chaine opérationnelle et à comprendre les conséquences de son activité, donc on coordonne mieux, donc on est plus efficient
  • DONNEE : en considérant la donnée comme un actif valorisable, on améliorer la qualité des informations renseignées en amont et donc la pertinence des indicateurs en aval. Ceci passe par une sensibilisation accrue du personnel (tant soignant qu’administratif) en ce qui concerne la rectitude des données qu’il sera amené à produire, et par des outils permettant de réconcilier toutes les dimensions présentes dans l’établissement (et au-delà si besoin)

Une fois ces axes pris en compte, il devient plus aisé à l’hôpital d’optimiser son action:

  • Le dialogue entre le médical et la finance est effectif: chacun regarde le même objet, vu son prisme respectif, et chacun peut comprendre les impacts de ses décisions sur le domaine de l’autre.
  • La perception de la réalité est uniformément partagée par tous les acteurs de la chaîne: en disposant d’informations utiles et permettant de mesurer la pertinence des actions en cours, le personnel se coordonne mieux et son efficience s’accroît.
  • La confiance est rétablie car la donnée n’est plus considérée comme une menace, mais comme un allié permettant l’amélioration continue: en assurant son intégrité et sa véracité à chaque étape, il devient possible de disposer d’indicateurs fiables permettant une prise de décision plus sûre.

 

Données de laboratoire

DATAMED est confrontée à une autre difficulté: les données issues des analyses laboratoires deviennent de plus en plus intéressantes. Si avant la technologie ne permettait pas de les exploiter comme il se doit, le Big Data révolutionne la donne et ouvre des pistes il y a peu encore insoupçonnées. La problématique résidant principalement dans leurs hétérogénéités et dans la capacité à les réduire, les technologies modernes d’analyse de la donnée gomment cette difficulté et permettent même d’aller plus loin (notamment dans l’analyse de pattern). Toute la question n’est donc pas de savoir comment exploiter ces données, mais pourquoi et avec quel objectif. A ce stade, les hypothèses sont nombreuses et les opportunités existent, notamment pour tout ce qui concerne la recherche.

Songez ! Prenez des données sociodémographiques anonymes, ajoutez-y les données de laboratoires anonymisées mais geolocalisées, mélangez le tout et vous obtenez une meilleure compréhension des facteurs de santé à prendre en compte pour une population donnée. Ce n’est qu’un exemple, d’autres existent. Dans tous les cas, il serait peu judicieux de passer à côté d’une source de données encore (pour l’instant) largement sous-exploitée.

 

Capturer la donnée

Un autre élément clé a été mis en avant par deux acteurs, très différents l’un de l’autre: la capture des données. Ainsi ORDI-CONSEIL et sa solution OPALE a revu complètement l’extraction des données de son ERP. Au fil des années et au fur et à mesure que les données s’accumulent, l’extraction complète des données s’avère de plus en plus lourde à gérer, notamment lorsque ces extractions se font au détriment de l’activité opérationnelle. Pour limiter les impacts d’une telle problématique, les concepteurs d’OPALE ont planché sur une extraction par différentiel, bien plus élégante et efficiente que l’extraction complète: elle s’exécute bien plus rapidement, elle limite les données à extraire et assure une parfaite cohérence sur le terme.

Par ailleurs, l’agence PULSE a mis en avant la problématique des interfaces de capture. Plus elles sont compliquées ou étriquées, moins elles sont efficaces. Dans ce cadre, les ergonomes de PULSE ont été sollicités par le centre d’antalgie de l’Ensemble hospitalier de la Côte (EHC). Centre mondialement reconnu, l’appréhension de la douleur et sa mesure reste pourtant quelque chose de compliqué à mettre sur pied. Dans ce cadre, une connaissance doctorale du sujet couplée à un savoir-faire en design ont permis de construire une application mobile utilisée quotidiennement par les équipes de professeur Perruchoud. Grâce à une ergonomie particulièrement bien pensée et à la simplicité d’utilisation, cette application permet non seulement de collecter de la donnée de valeur, mais en plus d’améliorer de façon continue l’état de l’art dans la gestion de l’antalgie.

 

En conclusion

La donnée dans le monde de la santé existe, et elle ne cesse de s’accroître. Il ne sert à rien de tenter de la contenir: au contraire, il convient de la collecter massivement et de n’en garder que la substantifique moelle. Enfin, en utilisant les bonnes données et en assurant leur cohérence tout au long de la chaîne opérationnelle, les acteurs de la santé pourront disposer des indicateurs leur permettant de relever un défi toujours plus prégnant: maintenir un très haut niveau de soin tout en maîtrisant les couts sous-jacents.

Simple à dire…

KABE

 

Vos données ont de la valeur !

La Data Intelligence est destinée aux gestionnaires, décideurs et dirigeants d’entreprise. Il s’agit de la mise en œuvre des moyens, outils et méthodes destinés à fournir l’information utile pour décider et agir en toute connaissance de cause. Mettez-toutes les chances de votre côté en vous appuyant sur des professionnels de la donnée.

Les experts CALYPS sont là pour vous aider