Isabelle Moret rencontre le CEO de Calyps, expert de l’IA health en Suisse

 
La valorisation des données de santé est devenue un enjeu majeur qui doit favoriser l’éclosion de services innovants pour apporter une meilleure qualité de soin, tout en réduisant les coûts. Pour l’instant, de nombreuses données sont encore isolées par établissement médical et/ou par région, ce qui freine l’interopérabilité et restreint le potentiel des health data.
 
Dans ce contexte, CALYPS a reçu une délégation fédérale en visite à Sion (Valais) au début du mois d’août. Celle-ci était composée de Madame Isabelle MORET, Présidente du Conseil National et de l’association faîtière H+ regroupant les hôpitaux de Suisse, et de Monsieur Hans STÖCKI, Président du Conseil des Etats. Tous deux ont manifesté leur intérêt à rencontrer CALYPS, représentée par Tony GERMINI, directeur général, pour un retour d’expérience sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’analyse des flux de patients, notamment ceux liés au COVID-19, ainsi que sur les développements en cours et à venir dans l’IA health.
 

Prédire les urgences d’un hôpital en Suisse ?

 
En France, plusieurs projets d’IA health ont dépassé le stade du prototype. Au tour de la Suisse maintenant ?
 
Si, durant le printemps 2020, CALYPS a apporté au Conseil Fédéral une compréhension fine de la situation et une anticipation des évolutions de la crise du COVID-19 grâce à une collaboration étroite avec l’armée suisse, Monsieur GERMINI constate que les établissements de santé sont encore peu enclins à introduire des solutions de coordination intra ou inter hospitalières, aussi innovantes soient-elles, notamment parce que cela bouscule des organisations, voire des structures de pouvoir. Parfois, c’est la nature-même de notre Confédération qui ne facilite pas la communication : plusieurs cantons, langues, sources et structures de données différentes, sans mentionner la vétusté des moyens d’interopérabilité.
 
Ces deux dernières années, CALYPS a tiré plusieurs enseignements des expériences d’IA health réalisées au sein d’établissements hospitaliers en Suisse et en France. C’est en échangeant de façon continue avec des gens du terrain – chefs de service, cadres infirmiers, urgentistes – et en s’appuyant sur des données issues du réel qu’il devient possible d’innover. Le secret de la réussite consiste à travailler par étape en exploitant dès le départ des données (surtout quand on utilise des solutions apprenantes comme les IA développées par CALYPS), puis à améliorer la solution par itérations successives. Cela étant, il faut rester attentif et se fixer des limites: si au bout de soixante jours rien n’en ressort, il y a fort à parier que la direction choisie n’est pas la bonne.
 
Sans aucun doute, l’après COVID va doper la transformation digitale des hôpitaux, mais la prudence reste de mise : il y a encore peu, un membre du conseil d’administration d’un établissement hospitalier en Suisse nous comparait à des colonisateurs prédateurs dont la seule ambition serait d’exploiter les gisements de données patients. Si l’anecdote peut faire sourire, elle est pourtant représentative d’un état d’esprit qui a tendance à s’enfermer dans une tour d’ivoire. Les data n’ont aucune valeur dans leurs silos, seule l’interopérabilité et l’échange de données sont susceptibles d’apporter des changements salutaires dans le domaine de la santé.
 

IA health: l’interopérabilité des données est la clé

 
Avec une meilleure collaboration et un échange standardisé d’informations entre plusieurs acteurs de la santé, il serait possible d’anticiper, entre autres, la prise en charge et la réhabilitation d’un patient avant même son arrivée en hôpital, et donc in fine de fluidifier son parcours. Une telle coordination ne pourra qu’impacter positivement la chaîne de soins, tout en réduisant les coûts et le stress perçu par les soignants ou le patient. Cela doit se faire sans rajouter de plateformes ou d’énièmes écrans, mais simplement en s’appuyant sur les données déjà produites et mises à disposition, sans négliger la vaste question de la sécurisation des données afin que l’IA health continue de progresser à grands pas.
 
 
 

Merci

  • Romain Balmer, Service Parlementaire
  • Murielle Evéquoz, chargée de communication, Département de l’économie et de la formation (DEF)
  • Jocelyne Pepin, Cheffe de la Section Entreprises, Service de l’économie, du tourisme et de l’innovation, DEF
  • Sophia Dini, Déléguée à l’économie et à l’innovation, Département de l’économie et de la formation (DEF)

Et un grand merci à Isabelle Moret pour sa capacité d’écoute et son intérêt réel à échanger avec des acteurs de la santé comme CALYPS.

Vos données ont de la valeur !

La Data Intelligence est destinée aux gestionnaires, décideurs et dirigeants d’entreprise. Il s’agit de la mise en œuvre des moyens, outils et méthodes destinés à fournir l’information utile pour décider et agir en toute connaissance de cause. Mettez-toutes les chances de votre côté en vous appuyant sur des professionnels de la donnée.

Les experts CALYPS sont là pour vous aider