Medicalytics 2017 ou l'intelligence collective augmentée

 

Tous nos systèmes tendent à toujours plus inter-opérer, tous nos outils génèrent de plus en plus de données, toutes nos activités sont de plus en plus contextualisées (notamment grâce aux métadonnées, mais pas que), même nos objets s’y mettent. En combinant toutes ces sources d’information dans un milieu organisé (tel qu’un établissement de santé, par exemple), il devient possible de tirer parti de l’activité individuelle (intelligente ou pas) et d’en tirer de l’intelligence collective augmentée. Intelligence, parce que de ces données nous en gardons la substantifique moelle qui guidera notre prochaine action. Collective, parce que cette valeur ajoutée est la résultante d’un ensemble d’activités. Augmentée, parce que cette valeur ajoutée est ré-injectée dans l’organisation et lui permet de se surpasser. Prédite par Joël de Rosnay – auteur du “Macroscope” qui, en 1975 déjà, avait vu venir les révolutions technologiques actuelles – l’Intelligence Collective Augmentée peut devenir l’avènement issu des smartphones, analyses prédictives et autre intelligence artificielle vécus sous l’angle de la santé. Voici en substance ce que les participants de MEDICALYTICS ont eu la chance de découvrir ce jeudi 4 mai 2017 à l’espace co-working La Serre de Lausanne.

 

Ainsi quelque 40 personnes ont pu découvrir les différentes thématiques abordées par les intervenants de qualité proposés par DATAMED et CALYPS. 09h00 précise, Stephan THOMMEN (DATAMED) ouvre la 2ème édition de cet évènement qui a pour objectif de rassembler les décideurs du secteur médical travaillant en Suisse occidentale, afin de partager les meilleurs pratiques observées en termes d’analyses de données, de gestion d’équipes et de traitements médicaux prodigués en clinique, à l’hôpital ou en établissement médico-social. Par le prisme de l’intelligence collective augmentée, il aborde un sujet sensible concernant les assurances. Ainsi, si au 20ème siècle nos assureurs faisaient des paris et acceptaient un certain niveau de risque, au 21ème siècle il a va tout autrement: plus on mesure, plus on trace, plus on compare, moins on prend de risque. Un risque accepté au siècle passé est-il toujours acceptable de nos jours compte tenu de nos connaissances actuelles ? Une personne susceptible d’avoir un cancer dans les 10 prochaines années doit-elle être assurée de la même manière qu’une autre personne ? Présenter un risque signifie-t-il une réalité effective à terme (pour x % de risque, il existe aussi y % de non risque) ? Est-ce la fin du modèle d’assurance sociale tel que nous le connaissons ? La question est posée…

 

Puis le professeur Eric DAYER, directeur des laboratoires de l’Hôpital du Valais, décrit avec précision pourquoi les données de laboratoire présentent un grand intérêt en terme de data science. Grâce aux nouveaux outils qui permettent une approche heuristique plus aboutie, le professeur évoque les débouchés possible, notamment en terme d’aide au dépistage / au diagnostic, tout en soulignant les difficultés de mise en place. Dans ce cadre, un modèle permettant de faciliter l’intégration et la réconciliation des données s’avère essentiel.

 

Le prochain intervenant est Julien HENZELIN, directeur de l’école EPSN. Seule école en Suisse à proposer un programme développé selon la synthèse du fondateur de la naturopathie française, Pierre-Valentin Marchesseau, l’EPSN nous expose que la naturopathie est une approche naturelle de la santé et de la guérison qui se pratique en prenant compte de l’ensemble de la personne sur ses plans physique, émotionnel, mental et spirituel. Dans ce cadre, les nouveaux outils interactifs permettent de se mesurer (« quantify me ») et de mesurer de façon plus tangible l’impact des pratiques thérapeutiques.

 

Filippo ZIZZARI (agence PULSE.digital) nous montre l’importance de l’expérience utilisateur dans le design d’application. C’est d’autant plus vrai quand cela concerne une application destinée à traiter la douleur, mise au point avec l’équipe du Dr. Christophe PERRUCHOUD, en charge du service d’antalgie de l’hôpital de Morges. Quand l’application présente une interface inadaptée, elle collecte au pire mal la donnée au mieux elle collecte de la donnée erronée, alors que la personne supposée renseigner l’application est compétente et dispose de la bonne information. Multiplié par le nombre de patients (plus de 5’000 consultations par an), chaque biais restreint un peu plus les capacités de compréhension, donc d’amélioration des processus de traitement de la douleur. Et au final ces biais restreignent le bien-être du patient. L’intelligence collective est magnifiée par cette application pour autant que les données renseignées soient de valeur. Pour cela, le design de l’application (qui a une influence directe sur l’expérience utilisateur) joue un rôle au moins aussi important que la numérisation des processus ou la collecte correcte des remontées issues du terrain. Avec l’émergence des dossiers patient x.0, tous plus intelligents les uns que les autres, la différence se fera avant tout par la qualité de leur ergonomie (nonobstant la qualité de leur logique métier).

 

Benoît EMERY (Clinique Bernoise Montana) et Christophe GRAZIANI (CFO Medical) démontrent grâce à leur expérience respective qu’un bon système informatique de gestion (ou MIS pour les intimes) permet de simplifier la prise de décision et de mesurer son impact. La vraie difficulté n’est pas tant la capacité à produire des chiffres, mais la capacité à ne produire que les plus pertinents. Tout comme le vrai challenge n’est pas de centraliser les données, mais de savoir les consolider en toute cohérence et dans la durée. Sans modèle sous-jacent, point de salut : pour faire un bon MIS, il faut un savoir-faire complexe (expertise métier + expertise BI + expertise technique) rarement détenu par une seule et unique personne. Un bon MIS est donc avant tout un travail d’équipe.

 

Une fois la pause avalée, le trio Steve CASERA (DATAMED), Lucas VOISARD (CALYPS) et Karim BENSACI (CALYPS) attaquent la (première) MASTER CLASS de MEDICALYTICS : « la clinique à cœur ouvert ». Son objectif est de montrer par la pratique comment il est désormais aisé de combiner des données et d’en tirer parti. En 45 minutes, grâce au modèle ARTEMIS, intégrer les données générées par la solution DATAMED se fait simplement. Activer les indicateurs en relation est une question de drag & drop alors que tirer parti de la valeur générée n’est plus qu’une question de volonté. Grâce à une présentation interactive montrant par le fait la réalité de la praticité des outils utilisés, le trio démontre la (désormais) nécessaire interopérabilité des solutions et dévoile de façon claire la valeur cachée dans les données.

 

En guise de conclusion, Christophe IMBACH (SUNSTAR) présente la solution Grindcare pour lutter contre le grincement de dents (cela touche près de 30% de la population). Ce comportement est souvent nocturne et se déroule durant le sommeil. Pour ce faire, SUNSTAR propose une solution pratique, simple et aisée à placer sur la tempe de la personne concernée. Sous la forme d’un émetteur/récepteur temporal, la solution capte les métriques du sommeil et du grincement de dents. Distinguant les grincements des autres mouvements, la solution envoie un léger stimulus électrique, suffisamment doux pour ne pas réveiller le « grinceur », mais suffisamment fort pour distraire ledit grinceur de poursuivre son action. Pour bien comprendre ce phénomène perturbant, l’intelligence collective revêt du coup toute son importance : grâce à la multiplicité des mesures effectuées, grâce à la capacité de SUNSTAR à proposer cette solution sur plusieurs pays, grâce à sa nature d’objet connecté, les données collectées sont utilisées par la recherche, par le dentiste et par le patient: tout le monde y voit désormais plus clair, la solution est plus efficace, le bien-être est augmenté !

 

C’est sur cette touche d’innovation que se termine la 2ème édition de MEDICALYTICS.

 

Rendez-vous l’année prochaine avec d’autres présentations, tout aussi passionnantes et interactives que celles présentées cette année !

KABE

Vos données ont de la valeur !

La Data Intelligence est destinée aux gestionnaires, décideurs et dirigeants d’entreprise. Il s’agit de la mise en œuvre des moyens, outils et méthodes destinés à fournir l’information utile pour décider et agir en toute connaissance de cause. Mettez-toutes les chances de votre côté en vous appuyant sur des professionnels de la donnée.

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